(oups, j'ai dit un gros mot)
Oups, j’ai dit un gros mot.
Pourtant, je sais que ça ne se fait pas. On est là pour parler de communication. De stratégie, de pilotage, de réseaux sociaux, de sites web, d’emailing ou de formation. Et là, j’arrive, avec mes gros sabots, entre une newsletter sur les cinq incontournables du SEO et une invitation à un copil pour mettre les pieds dans le plat :
Communiquer c'est politique La bienséance voudrait que je m’excuse. Après tout, on n’est pas censés parler de ça au travail. C’est malpoli et inconvenant, pour ne pas dire tabou.
Mais vous savez quoi ? Même si je suis du genre à demander pardon à la table quand je lui rentre dedans, cette fois, je ne vais pas le faire, pour plusieurs raisons :
Politique n’est pas un gros mot. Au contraire, c’est une notion riche et précieuse, dont nous devrions collectivement nous emparer.
Politique ne veut pas dire partisan. La confusion est partout, tout le temps, et c’est quand même bien dommage, parce qu’elle nous prive de belles opportunités.
Reprenons donc depuis le début.
Le CNRTL propose plusieurs définitions au mot politique :
« Art, manière de diriger, en vue du bien commun, toutes les activités d’une société. »
« Ensemble des principes d’action d’un État ou d’un gouvernement, qui détermine des objectifs, de manière générale ou dans des domaines particuliers, et décide des moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. »
Ou encore
« Ensemble des orientations choisies par une entreprise, stratégie. »
Vous voyez où je veux en venir ?
Certes, ces définitions parlent de société, d’État et de gouvernement.
Mais si on prend un peu de hauteur, les organisations sont autant de sociétés dans la société. Elles sont des collectifs de femmes et d’hommes structurés qui unissent leurs forces de travail au service d’un objectif défini. Elles sont régies par des lois, des règles et une culture qui leur sont propres.
Même si elles ne sont pas toujours clairement verbalisées, les structures ont une vision et une mission. Indy, par exemple, veut que la communauté des indies se sente heureuse et utile grâce à leur entreprise. Stellantis se voit comme le moteur d’un monde en mouvement. La Vie existe pour faire évoluer les gens de la viande animale à la viande végétale avec un grand sourire sur les lèvres, et du gras sur le bout des doigts. J’ai moi-même fondé Hyaline Communication pour que tout ce qui fait que vous êtes uniques touche et engage vos audiences.
Ce que ça dit, c’est que les organisations contribuent à une certaine vision du monde. De la manière dont on se déplace, comment on pilote notre entreprise, jusqu’à la façon dont on mange. Et ça, c’est éminemment politique : le futur, selon La Vie ou selon Stellantis, n’est pas le même. Leur contribution au monde non plus.
Communiquer, c’est un émetteur qui transmet un signal à un récepteur dans le but de provoquer une action.
Les entreprises, quand elles prennent la parole, le font depuis ce qu’elles sont. Les informations et les messages qu’elles diffusent sont intrinsèquement nourris de qui elles sont et de là où elles veulent aller. Chaque message, chaque action est une brique conçue pour bâtir le monde qui correspond à leur vision.
De la communication institutionnelle au marketing produit, tout est une question de choix, de points de vue et d’intentions. Il y a mille façons de valoriser ce que vous proposez à vos clients, mais il n’y en a toujours qu’une seule qui est validée, puis déployée. C’est largement connu et documenté : la publicité et la communication commerciale influencent nos comportements, pour le meilleur comme pour le pire.
Les entreprises fabriquent et diffusent autant de récits que de produits ou de services. Et ils ont des impacts sur la manière dont nous nous représentons le monde. Sur notre manière de consommer. Sur nos interactions les uns avec les autres. Sur ce qu’on juge prioritaire pour le business et pour les individus.
Vous voyez, il n’est pas question de jugement de valeur, de dicter ce qui est bon ou ce qui est mauvais, ni même de prendre parti. J’ai mon avis sur le monde dans lequel j’ai envie de me projeter en tant que citoyenne et entrepreneure. Vous et la structure pour laquelle vous travaillez avez très certainement les vôtres.
Ce que je cherche à dire, c’est que, quel que soit votre business ou votre métier, il s’inscrit dans un collectif et dans un groupe social. La manière dont vous communiquez a un impact sur eux, et cet impact, vous en êtes responsables.
C’est en ça que communiquer est politique.
Pourquoi est-ce que j’ai eu envie d’aborder ce sujet aujourd’hui ?
Parce qu’il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir d’animer une fresque de la communication responsable avec les référents communication du CNRS PACA et Corse. Pendant l’atelier, nous avons évoqué les questions d’inclusivité et de représentativité dans l’organisation des événements. Il a vite été question de diversité (genre, race, handicap, milieux sociaux, etc.) dans l’événementiel et notamment dans le choix des intervenants. Autour de la table, tout le monde était d’accord : ces questions, il faut se les poser.
Mais c’est là qu’une participante a dit :
“Nous, en tant que communicants, on le sait. Mais parfois, les strates au-dessus ont peur de se confronter à ces sujets, elles considèrent que c’est trop politique, trop engagé et donc risqué.”
Ce commentaire, ce n’est pas la première fois que je l’entends. Cette situation, je l’ai vécue et certains de mes clients aussi. Et j’ai toujours trouvé ça vraiment dommage, voire un peu triste. Qu’est-ce que ça raconte quand il existe des entreprises qui ont peur de prendre position même quand elles ont envie, à leur échelle, de prendre position, alors qu’en face d’autres se roulent dans le green et le social washing ?
(Je ne résiste pas à l’envie de vous partager la vision de Tesla : “Construire un monde fondé sur une abondance extraordinaire”)
Et c’est pour ça que je ne saurais que trop vous recommander de prendre le temps de régulièrement interroger votre vision et votre mission, et de réfléchir aux récits que vous produisez et aux effets qu’ils ont sur nos écosystèmes et nos parties prenantes.
La dernière fois, je vous ai demandé si vous mesuriez le bien-être de collègues et prestataires pour évaluer la performance de vos actions de com. Et il semblerait que certains d’entre vous le font déjà ! Si c’est le cas, je serai curieuse d’en discuter avec vous et éventuellement de partager vos bonnes pratiques avec d’autres, alors faites-moi signe !
Prenez bien soin de vous et à très vite !
Carole
J’espère que vous avez pris autant de plaisir à lire cette newsletter que moi à l’écrire. Si elle vous a plu, n’hésitez pas à la transférer à toutes celles et ceux que ça pourrait intéresser ! Ça m’encourage à continuer 🙏. Et si vous voulez en savoir plus sur moi, rendez-vous sur mon site web ou sur ma page Linkedin. On peut même boire un café (au moins virtuel) si le cœur vous en dit…
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